Tourisme tunisien : Le moteur discret du redressement économique

IACE
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En 2025, la Tunisie a renoué avec un tourisme florissant : plus de 5,3 millions de visiteurs ont foulé son sol, générant 5,4 milliards de dinars de recettes à fin août. Derrière ces chiffres, un constat : le tourisme est redevenu l’un des poumons vitaux de l’économie nationale, contribuant à réduire le déficit courant et à soutenir le dinar. Une reprise qui s’annonce durable, à condition d’en consolider les fondations.

Après des années de crise sanitaire, de tensions régionales et d’incertitudes mondiales, la Tunisie semble enfin retrouver son souffle. L’économie nationale devrait croître de 2,3% en 2025, selon la Banque Centrale, portée par un rebond solide des services, et en particulier du tourisme.

Ce secteur, longtemps considéré comme fragile, démontre aujourd’hui qu’il reste un pilier de stabilité et de devises. Derrière la façade des hôtels pleins et des plages animées, c’est tout un équilibre macroéconomique qui se joue : celui d’une Tunisie qui cherche à financer sa relance sans dépendre de l’aide extérieure.

Des chiffres qui parlent : le tourisme tunisien retrouve des couleurs

Les indicateurs sont au vert. Selon le rapport de la Banque Centrale de Tunisie, les recettes touristiques ont atteint 5,4 milliards de dinars à fin août 2025, en hausse de 8% par rapport à 2024.  Le nombre d’arrivées a lui aussi progressé : 5,3 millions de visiteurs ont franchi les frontières tunisiennes à la même date, contre 4,8 millions un an plus tôt.

Cette dynamique replace la Tunisie sur la carte régionale du tourisme, face à des concurrents comme le Maroc (17,4 millions de touristes) ou l’Égypte (15,7 millions).

Mais l’essentiel n’est pas seulement dans la quantité. Ces visiteurs apportent des devises précieuses : le tourisme reste l’un des premiers contributeurs aux réserves en monnaie étrangère, essentielles pour stabiliser la balance courante.

Quand le tourisme soutient la macroéconomie

Ce rebond touristique n’est pas anecdotique : il contribue directement à réduire le déficit courant, passé de 4% du PIB en 2023 à 1,5% en 2024, selon les estimations.
Autrement dit, chaque visiteur étranger ne rapporte pas seulement de la joie aux hôteliers ou restaurateurs : il allège aussi la pression sur les finances publiques.

La Banque Centrale le souligne : la reprise du tourisme participe à renforcer les réserves en devises, un levier crucial dans un contexte où la Tunisie évite, pour l’instant, de recourir à un nouveau programme d’aide du FMI.

Ce redressement profite aussi à l’emploi : des milliers de saisonniers, d’artisans et de prestataires locaux retrouvent une activité. Derrière les chiffres, c’est une reconstruction sociale qui s’amorce.

Des défis persistants, mais un avenir prometteur

Reste que tout n’est pas gagné. La concurrence régionale s’intensifie, et la Tunisie doit encore diversifier son offre touristique pour attirer des visiteurs toute l’année, au-delà des séjours balnéaires.

Les perspectives, pourtant, sont encourageantes : le pays pourrait atteindre 7,8 millions de visiteurs en 2025, et 8,1 milliards de dinars de recettes touristiques en 2026, selon les projections.

Le défi est clair : transformer cette relance conjoncturelle en une croissance durable, en misant sur la qualité, la durabilité et l’innovation.

L’Institut Arabe des Chefs d’Entreprise (IACE) appelle d’ailleurs à accélérer les réformes et à soutenir les investissements dans le tourisme “non conventionnel” (rural, culturel, écologique, pour éviter “le gâchis des opportunités”.

Le tourisme tunisien n’est plus seulement une affaire de soleil et de sable. En 2025, il s’impose comme un levier économique stratégique, capable de redonner confiance et devises à un pays en quête d’équilibre. Mais sa réussite dépendra de la capacité à préserver la qualité, innover et mieux répartir les bénéfices. Derrière chaque arrivée, il y a une promesse de développement, à condition de ne pas la laisser filer.

IACE  – Institut arabe des chefs d’entreprises

Consulter la note d'analyse de l'IACE

Tourisme et huile d’olive : Bilan 2025 et perspectives 2026 – Exploiter pleinement les opportunités”  

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