La crise du COVID-19 a mis à genoux de nombreux secteurs économiques. Parmi eux, l’artisanat tunisien, déjà fragilisé, a été durement touché. Pourtant, face aux obstacles, les artisans ont montré une capacité remarquable à s’adapter. Ce récit de survie économique est aussi une histoire de créativité, de débrouillardise et de solidarité.
L’artisanat tunisien joue un rôle clé dans l’économie du pays. Il emploie près de 350 000 personnes, dont une grande majorité de femmes, souvent peu scolarisées, mais riches d’un savoir-faire ancestral. Malgré son importance culturelle et sociale, ce secteur peine depuis des années à se développer pleinement, et la pandémie a amplifié ses faiblesses.
Les artisans ont vu leurs points de vente se fermer, leurs foires annulées, leurs clients disparaître, notamment les touristes et les acheteurs étrangers. Certains témoignent de pertes énormes, avec des stocks entiers restés invendus.
En parallèle, l’approvisionnement en matières premières est devenu plus difficile et coûteux. Les fournisseurs, eux-mêmes en difficulté, ont durci leurs conditions. “Les prix ont flambé, et les fournisseurs exigeaient un paiement immédiat, ce qui était impossible dans notre situation”, confie une artisane du Sahel.
Le financement a, lui aussi, été un point noir. L’accès au crédit s’est complexifié, les aides ont tardé. Beaucoup n’ont pas pu payer leurs loyers, ni même couvrir les besoins de base.
Des réponses créatives pour survivre
Malgré l’ampleur des difficultés, de nombreux artisans ont fait preuve d’une impressionnante résilience. Cette capacité à s’adapter a pris des formes multiples, parfois inattendues. Certain.e.s ont choisi de changer temporairement d’activité : vente de produits laitiers, de pain traditionnel ou de savon artisanal. D’autres ont misé sur le marché local, adapté leurs produits aux goûts tunisiens ou travaillé uniquement sur commande.
Les outils numériques ont aussi permis de garder un lien avec les clients. Facebook, Instagram et la vente en ligne ont permis à certains de générer de nouveaux revenus. Plusieurs ont même su tirer parti d’alliances nouvelles : collaboration avec des influenceurs, recours à des services de livraison, ou encore partenariats entre artisans. Certains gestes ont aussi révélé un esprit de solidarité : confection de masques offerts aux écoliers, distribution gratuite de savon aux soignants.
Que faire pour renforcer la résilience du secteur
La crise du COVID-19 a révélé à la fois la fragilité du secteur de l’artisanat et sa capacité à s’adapter. Pour que cette résilience devienne une force durable, un meilleur accompagnement est indispensable. Plusieurs mesures concrètes, portées par les pouvoirs publics comme par les artisans eux-mêmes, peuvent y contribuer. Voici les principales pistes identifiées par l’étude :
Des réponses créatives pour survivre
Malgré l’ampleur des difficultés, de nombreux artisans ont fait preuve d’une impressionnante résilience. Cette capacité à s’adapter a pris des formes multiples, parfois inattendues. Certain.e.s ont choisi de changer temporairement d’activité : vente de produits laitiers, de pain traditionnel ou de savon artisanal. D’autres ont misé sur le marché local, adapté leurs produits aux goûts tunisiens ou travaillé uniquement sur commande.
Les outils numériques ont aussi permis de garder un lien avec les clients. Facebook, Instagram et la vente en ligne ont permis à certains de générer de nouveaux revenus. Plusieurs ont même su tirer parti d’alliances nouvelles : collaboration avec des influenceurs, recours à des services de livraison, ou encore partenariats entre artisans. Certains gestes ont aussi révélé un esprit de solidarité : confection de masques offerts aux écoliers, distribution gratuite de savon aux soignants.
Que faire pour renforcer la résilience du secteur
La crise du COVID-19 a révélé à la fois la fragilité du secteur de l’artisanat et sa capacité à s’adapter. Pour que cette résilience devienne une force durable, un meilleur accompagnement est indispensable. Plusieurs mesures concrètes, portées par les pouvoirs publics comme par les artisans eux-mêmes, peuvent y contribuer. Voici les principales pistes identifiées par l’étude :
- Créer un organisme public d’approvisionnement, pour garantir l’accès régulier aux matières premières à des prix abordables, en remplacement de l’ancienne SOCOPA.
- Déployer une plateforme nationale de vente en ligne, capable de promouvoir les produits artisanaux sur les marchés locaux et internationaux.
- Renforcer la présence de l’artisanat dans les espaces à fort potentiel touristique, comme les musées, les sites archéologiques ou les hôtels, afin d’élargir les débouchés commerciaux.
- Nouer des partenariats à l’international (ambassades, entreprises, plateformes commerciales) pour accroître la visibilité et les opportunités d’exportation.
- Simplifier l’accès au financement, en adaptant les conditions d’octroi de crédit aux réalités des petits artisans et en allégeant les procédures administratives.
- Proposer des formations ciblées sur l’export, la gestion d’entreprise, l’innovation et le numérique, afin de renforcer les compétences et l’autonomie des acteurs du secteur.
- Mettre en valeur les savoir-faire reconnus par l’UNESCO, comme la poterie de Sejnane, le tapis de Kairouan ou le costume traditionnel, pour en faire des vitrines identitaires.
- Encourager la diversification des sources de revenus, en combinant les savoir-faire artisanaux à d’autres activités compatibles en période de crise.
- Accompagner la transition numérique, en aidant les artisans à tirer parti des réseaux sociaux, de la livraison et des outils digitaux, tout en préservant l’authenticité de leurs produits.
ECOTOUS
Consultez l'Etude
“La résilience comme stratégie de gestion de crise de l’artisanat en Tunisie", publiée dans la Revue Française d’Economie et de Gestion ISSN : 2728- 0128 Volume 5 : Numéro 3.