Entreprendre, une question de savoir-être autant que de savoir-faire

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Avoir une idée ne suffit pas pour entreprendre. Ce qui fait la différence, ce sont aussi des qualités humaines : créativité, confiance, esprit d’équipe, capacité à rebondir. Une étude menée auprès d’étudiants de l’Université de Sfax montre que ces compétences dites « transversales”; ou simplement, ces savoir-être; jouent un rôle décisif dans l’envie de créer une entreprise.

Créer une entreprise ne repose pas seulement sur une idée ou un savoir-faire technique. C’est aussi une question de posture : savoir résoudre des problèmes, communiquer avec clarté, travailler en équipe ou prendre des initiatives.

L’étude menée par Marwa BELGUITH, (Dr. en management à l’Université de Sfax), intitulée “Compétences transversales des étudiants : un atout majeur pour leur intention entrepreneuriale” et publiée dans l’International Journal of Accounting, Finance, Auditing, Management and Economics (vol. 5, n°9, 2024, pp. 493-509), montre que ces aptitudes (dites compétences transversales) ne se limitent pas à un domaine précis. Elles peuvent être mobilisées dans une multitude de situations professionnelles et jouent un rôle déterminant dans l’envie d’entreprendre.

Selon le cadre défini par L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), elles se regroupent en trois catégories : cognitives et métacognitives (penser de façon critique, résoudre des problèmes complexes…), socio-émotionnelles (empathie, communication, leadership…) et pratiques (initiative, maîtrise des outils numériques, sens de la durabilité…).

Une enquête menée auprès de 224 étudiants de l’Université de Sfax, issus de filières variées (sciences économiques et gestion, arts et sports, sciences et multimédia) a permis d’analyser le lien entre ces compétences et l’intention entrepreneuriale. Les résultats révèlent des tendances nettes et offrent des pistes pour améliorer les formations.

Trois familles de compétences, un même objectif : entreprendre

L’étude du Dr.  Marwa BELGUITH, montre que les trois types de compétences sont positivement liés à l’intention entrepreneuriale. Plus un étudiant en possède, plus il est susceptible de vouloir créer son entreprise.

  • Cognitives et métacognitives : analyser les situations, trouver des solutions originales, prendre des décisions éclairées. Elles jouent un rôle central dans les sciences multimédia et économiques.
  • Socio-émotionnelles : communiquer, comprendre les autres, gérer ses émotions, travailler en équipe. Elles sont particulièrement déterminantes dans le sport, où le relationnel est essentiel.
  • Pratiques : passer à l’action, utiliser les outils numériques, intégrer la durabilité. Elles sont décisives dans les sciences économiques et de gestion pour transformer une idée en projet concret.

Des différences selon les filières

Les compétences les plus influentes varient selon les domaines :

  • Sport : les compétences socio-émotionnelles arrivent en tête.
  • Sciences multimédia : l’avantage va aux compétences cognitives et métacognitives.
  • Sciences économiques et gestion : les compétences pratiques sont prioritaires.

Un point faible ressort : les compétences numériques restent insuffisantes chez de nombreux étudiants, notamment dans les filières arts, sports, sciences économiques et gestion, alors qu’elles sont devenues incontournables dans l’entrepreneuriat.

Former autrement pour stimuler l’esprit d’entreprise

Les formations universitaires devraient intégrer davantage de pratiques permettant de développer ces trois familles de compétences :

  • Ateliers pratiques : pour stimuler la créativité, la résolution de problèmes et l’initiative.
  • Projets collectifs : pour améliorer la communication, le leadership et la gestion des relations.
  • Formations ciblées au numérique : pour combler les lacunes dans l’usage des outils technologiques.

Adapter ces contenus aux réalités de chaque filière renforcerait leur impact :

  • Dans le sport, travailler sur la gestion d’équipe et le réseau.
  • Dans le multimédia, encourager les défis d’innovation.
  • En économie et gestion, insister sur l’organisation et l’usage du numérique.

Conclusion

Les résultats de l’étude révèlent que :

  • Les trois types de compétences transversales sont liés à l’envie d’entreprendre.
  • Leur importance varie selon le domaine d’études.
  • Un équilibre entre elles est essentiel.
  • Les compétences numériques doivent être renforcées dans plusieurs filières.

Miser sur ces compétences, c’est former des entrepreneurs plus créatifs, adaptables et mieux armés pour les défis de demain.

ECOTOUS

Consultez l'étude

"BELGUITH, M. (2024). Compétences transversales des étudiants : un atout majeur pour leur intention entrepreneuriale. International Journal of Accounting, Finance, Auditing, Management and Economics, 5(9), 493-509".

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