Ecotous
Auteur
  • Meriem Sebai : Department of Economics, Faculty of Economic Sciences and Management of Tunis, University of Tunis El-Manar, Email: [email protected]
types de contributions
  • Policy briefs
Contexte et objectif(s)

Le secteur bancaire public tunisien traverse une crise majeure, mettant en péril la stabilité financière et le financement des secteurs clés de l’économie. Les trois principales banques publiques – la Banque Nationale Agricole (BNA), la Banque de l’Habitat (BH) et la Société Tunisienne de Banque (STB) – affichent à mi-2024 un volume de prêts non performants (NPLs) atteignant 6,87 milliards TND, traduisant une défaillance structurelle profonde liée à la gouvernance et à la gestion du risque. Ces institutions, censées soutenir l’agriculture, le logement et l’industrie, sont paralysées par des actifs toxiques, limitant leur capacité à remplir leur rôle économique.
L’accumulation des NPLs résulte d’une longue histoire de prêts politiquement motivés, d’une évaluation inadéquate du risque, de systèmes internes obsolètes et d’une supervision bancaire limitée. Le contexte macroéconomique, marqué par une inflation élevée et un chômage persistant, a aggravé la capacité de remboursement des emprunteurs, mais il ne constitue pas l’origine de la crise. La faiblesse institutionnelle des banques publiques explique pleinement l’ampleur actuelle des NPLs. Les tentatives de recapitalisation, dépassant 1 milliard TND, se sont révélées insuffisantes face à ces problèmes structurels.

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