Au-delà de la libéralisation tarifaire…

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En Mai 2026, la Chine a instauré un régime de droits de douane nuls pour les exportations Tunisiennes, offrant ainsi au pays un accès préférentiel amélioré à son marché. Cette mesure intervient dans un contexte de déséquilibre commercial important et persistant, la Chine étant le principal contributeur au déficit commercial Tunisien, tandis que les exportations Tunisiennes vers la Chine demeurent très limitées.

On examine si la libéralisation tarifaire à elle seule peut accroître significativement les exportations Tunisiennes et contribuer à réduire le déficit commercial bilatéral, on évalue les secteurs les plus susceptibles de bénéficier de l'accès en franchise de droits et met en lumière les contraintes structurelles qui continuent de freiner la performance des exportations Tunisiennes.

L'analyse vise aussi à identifier les mesures complémentaires nécessaires pour tirer pleinement parti de cet accès préférentiel, notamment un renforcement des capacités de production, une diversification des exportations, une compétitivité accrue, le respect des normes du marché et une plus grande valeur ajoutée.

Synthèse

Ce travail examine l'impact potentiel du régime de droits de douane nuls instauré par la Chine pour les exportations Tunisiennes en Mai 2026 et évalue si un meilleur accès au marché peut contribuer à réduire le déficit commercial persistant de la Tunisie avec la Chine.

L'analyse porte sur les flux commerciaux bilatéraux, la structure des exportations Tunisiennes et les effets sectoriels potentiels de la libéralisation tarifaire. En 2025, la Chine représentait environ 50.1% du déficit commercial total de la Tunisie, soit un déficit bilatéral d'environ 10.9 Milliards de TND. Parallèlement, les exportations Tunisiennes vers la Chine s'élevaient à seulement 77.8 millions de TND, ce qui correspond à un taux de couverture des exportations d'environ 0.7%.

L'analyse suggère que la suppression des droits de douane pourrait particulièrement bénéficier aux produits agroalimentaires, notamment l'huile d'olive et certains produits agricoles, qui ont historiquement été soumis à des barrières tarifaires plus élevées. Néanmoins, l'impact global à court-terme va étre limité, car ces produits ne représentent actuellement qu'une faible part des exportations Tunisiennes vers la Chine. De plus, de nombreux biens industriels bénéficient déjà de droits de douane relativement faibles, voire nuls.

La principale conclusion est que la libéralisation tarifaire est nécessaire mais non suffisante pour assurer une expansion significative et durable des exportations Tunisiennes. Pour tirer pleinement parti de l'accès préférentiel au marché, le pays doit compléter la libéralisation tarifaire par des mesures visant à renforcer ses capacités de production, diversifier ses exportations, améliorer sa compétitivité et ses normes de qualité, optimiser sa logistique et développer des produits à plus forte valeur ajoutée.

On recommande alors l'adoption d'une stratégie industrielle et d'exportation cohérente, axée sur le renforcement des chaînes de valeur locales, la promotion de la modernisation technologique et l'identification des secteurs où la Tunisie dispose d'avantages comparatifs durables sur le marché Chinois. Sans ces réformes complémentaires, le régime de droits de douane nuls a peu de chances de réduire significativement le déficit commercial structurel ou d'engendrer une transformation industrielle majeure.

 

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